Je viens d'avoir une discussion très mouvementée avec mon fils.
Nous faisons partie, tous deux, de ces gens qui ont vu Alice in Wonderland dès son premier jour de sortie en France. On est fan ou on ne l'est pas. Mais contrairement à Pascal Obispo, nous ne le chantons pas, NOUS !
Cependant, de deux Burtonniens avérés, émergent deux avis radicalement opposés. Et finalement, c'est heureux pour ma critique. Car même si elle sera forcément orientée sur mon avis positif, elle soulignera aussi les points négatifs, soulevés par un Tibou terriblement déçu. Ce qu'elle n'aurait sans doute pas fait sans cette conversation.
Voici donc la critique la plus objective dont je suis capable - et en évitant de trop spoiler - d'
Nous faisons partie, tous deux, de ces gens qui ont vu Alice in Wonderland dès son premier jour de sortie en France. On est fan ou on ne l'est pas. Mais contrairement à Pascal Obispo, nous ne le chantons pas, NOUS !
Cependant, de deux Burtonniens avérés, émergent deux avis radicalement opposés. Et finalement, c'est heureux pour ma critique. Car même si elle sera forcément orientée sur mon avis positif, elle soulignera aussi les points négatifs, soulevés par un Tibou terriblement déçu. Ce qu'elle n'aurait sans doute pas fait sans cette conversation.
Voici donc la critique la plus objective dont je suis capable - et en évitant de trop spoiler - d'
Dans un premier temps, je vous propose d'expédier les (trop) rares points sur lesquels Tibou et moi sommes d'accord :
Le jeu des acteurs est merveilleux, c'est un fait difficilement discutable. Pas une fausse note. C'en est presque effrayant. Et je maintiens une fois de plus : Johnny Depp est le meilleur acteur de sa génération. En plus d'être beau, mais ça, c'est un peu plus accessoire. Je me souviens particulierement d'une phrase dans ce film... Enfin je ne me souviens pas de la phrase en elle-même, je ne saurais même plus dire de quoi il était question. Mais sur cette unique phrase, pas particulièrement longue qui plus est, Mr Depp a réussi à faire passer 3 ou 4 expressions consécutives. Qui dit mieux ?
Second point sur lequel nous sommes d'accord : une esthétique visuelle à couper le souffle. Des décors qui déchirent le cul de sa grand-mère à coup de disques démaquillants. (Je suis pas sûre que Tibou soit d'accord avec ma comparaison, j'avoue ne pas l'avoir consulté à ce sujet, mais il est d'accord sur l'idée.) Bref, c'est beau.
Mais à ceux qui disent, les yeux rêveurs : "Avatar, c'est beau, et ça suffit...", je répondrais : "Alice in Wonderland, c'est beau, et y a pas que ça !" Et puisque c'est le scénario (ou du moins l'absence de scénario) d'Avatar qui a été beaucoup critiqué(e) - pas par moi hein, puisque je n'ai vu que les dix premières minutes du film, avant de me dire : "Pfou, c'est chiant, je vais plutôt aller manger, tiens !" (et après on s'étonne de mon poids)...
Hum... je m'égare. Revenons donc à ce dont je voulais parler maintenant : le scénario. On dira ce qu'on veut, c'est un scénario digne de Disney : une vision très manichéenne, une grande bataille à la fin entre les gentils et les méchants... Mais on dira ce qu'on veut -bis-, c'est un scénario construit et qui a un sens ! Après, le côté Disney, on aime ou on n'aime pas, mais si ça a énormément déplu à Tibou, personnellement cela ne m'a pas choquée tant que ça. Et quoi qu'il en soit, sur ce point, on ne peut pas en vouloir personnellement à Mr Burton. (Oui, jusqu'à nouvel ordre, je prévois de défendre autant que je peux et sur tous les plans celui que je considère comme "the best director of all times". Mais je reviendrai là dessus dans un prochain post, et avec des photos... *suspense*)
Mais laissons là le scénario pour en venir à l'adaptation. Tout d'abord, rappelons le, ce film n'est pas une adaptation du livre de Lewis Carroll au sens strict du terme, puisqu'il raconte l'histoire d'Alice qui retourne au pays des merveilles à l'âge de 19 ans, après avoir cru toute sa vie que son premier voyage n'était qu'un rêve. Mais Tibou vous dira (je cite approximativement, de mémoire, ce qui compte, c'est l'idée générale, que j'espère retranscrire convenablement) : "Mais là où il est censé y avoir adaptation, c'est sur l'univers, l'atmosphère du livre. Et là, je ne la retrouve pas. Alice in Wonderland, c'est l'oeuvre littéraire la plus délirante du monde. Les personnages sont censés être tous timbrés, et là ils sont réduits au statut de gentil ou de méchant !"
Alors oui, oui, on accordera à Tibou le côté trop manichéen du film, issu du scénario Disney, comme nous l'avons dit plus haut. Mais sur le plan de la réalisation, eh bien... tu ne peux décemment pas demander à Tim Burton d'adapter un univers tel quel !! C'est Tim Burton ! D'ailleurs, il le dit lui même : quand il se lance sur un projet, il a besoin de s'identifier, de s'approprier le sujet, sinon ça ne l'intéresse pas. (C'est d'ailleurs pour ça qu'il ne parvenait pas à réaliser les commandes qu'on lui faisait à l'époque où il bossait chez Disney, à ses débuts.) Il serait surréaliste de demander à Burton de faire autre chose que du Burton. Alors certains parleront d'un manque de respect, d'un on-ne-trahit-pas-ainsi-une-oeuvre-telle-que-celle-de-Lewis-Carroll-malotru-!. Pour moi, c'est tout le contraire : en servant sa propre interprétation de cet univers, il dit : "voilà, ce n'est que ma vision personnelle d'une oeuvre qui est rentrée dans l'esprit populaire bien avant moi, et qui y restera bien plus longtemps". Parce que pour la mémoire collective, quand on dira "Alice in Wonderland", on pensera d'abord au livre de Lewis Carroll, ou à la rigueur au dessin animé de Disney, avant de penser au film de Burton.
Après, on aime ou pas le travail de Mr Burton, mais là, on entre dans un domaine purement subjectif.
Mais puisqu'on parle du travail de Tim Burton en général... Soulevons l'avis de Tibou à ce propos. Le problème de Tibou (qu'il reconnait lui même, je ne parle pas dans son dos), c'est que de la part de Tim, il en attend toujours plus, il veut à chaque fois plus d'innovations. "Il suffit qu'il mette un arbre tordu et des cernes sous les yeux de ses comédiens pour avoir sa marque." Pour Tibou, au même titre que Charlie et la Chocolaterie, Alice... n'innove pas. Et alors ? Il fait ce qui lui plait, il réalise les films qu'il a envie de réaliser, et même si ses meilleurs films (à mon sens) sont ceux qui innovent le plus, il a quand même le droit, de temps en temps, de faire juste ce qu'il veut sans se préoccuper d'innover !
(D'ailleurs, puisqu'on parle de Charlie..., il me semble évident que c'est une merveilleuse annonce d'Alice... Le chapeau de Willy Wonka, la petite porte qu'il ouvre pour entrer dans la salle de la cascade, la manière qu'a Veruca de tomber dans le conduit à ordures... Mais comme Tim fait beaucoup de choses intuitivement et inconsciemment, ceci doit en faire partie.)
Allez, on arrive à la fin de cette critique, et on termine par deux points qui, sans être catastrophiques, portent leur bémol.
La musique d'une part (le terme de bémol est donc tout à fait à propos), qui n'a rien de transcendant. Peut-être un peu décevante par rapport aux précédents travaux d'Elfman. Mais ça, c'est un problème qui gêne plus Tibou que moi. Enfin disons que dans un film, la musique agit sur moi plutôt inconsciemment et que j'ai de ce fait du mal à en juger ensuite.
Et dernier point qui, encore une fois, a plus ennuyé Tibou que moi : le rythme. Quelques longueurs. Mais bizarrement, ce qu'il a vu comme longueurs, je les ai prises pour respirations, et vice versa. Décidément, nous aurons toujours du mal à nous mettre d'accord sur le plan cinématographique, lui et moi...
Bien, si j'ai tenu compte de l'avis de Tibou pour ma critique, la note finale (et récapitulative), je me permets de la donner à mon seul jugement : 4/5. Mais bon, après, ce n'est que mon humble avis...

6 commentaires:
je tiens à dire autre chose, M. Burton ne s'est pas uniquement inspiré du superbe ''alice in wonderland''de Lewis Carroll, il a aussi eu la jugeotte de s'inspirer de ''de l'autre coté du miroir", qui retrace justement le deuxième voyage d'alice au pays des merveilles, sinon tu as oublié de dire qu'on a applaudi à la fin du film :p
Ça fait un moment que j'ai lâché Burton. Il est en roue-libre depuis 6 ou 7 films, il fait du Burton, rentre dans son cahier des charges, et n'invente plus rien...
J'étais fan de ses vieux films, mais depuis Sleepy Hollow, il n'a plus rien de génial.
Une vidéo qui résume bien mon esprit de pensée : http://www.collegehumor.com/video:1929453
Aless, je me permets d'ajouter que la trame du scénario (tout ce qui concerne le "frabjous day") est également inspirée du poème "Jabberwocky" de Lewis Caroll. Et la plupart des adaptations d'Alice font un mélange entre "wonderland " et "through the looking glass".
Sinon, maman, bon résumé. C'est bien qu'on soit presque jamais d'accord, on fait contre-poids ^^
Aless > Merci d'être toujours là pour me rappeler ce que j'ai oublié =)
Ced > Je suis d'accord pour dire que les meilleurs Burton sont ceux qui innovent le plus. Mais 1° depuis Sleepy Hollow, il a fait Sweeney Todd, qui était innovant, et 2° il peut faire des trucs géniaux sans avoir besoin d'innover, selon moi. Mais après, mon jugement vient peut-être du fait que je suis jeune (JE SUIS JEUNE !!!), et que je n'ai pas vu les films les uns apres les autres dans l'ordre où il les a fait. Donc j'ai peut-être moins ce sentiment de déclin chronologique. Bref, tu es vieux =)
Tibou > C'est bien, mais c'est fatigant !
Ah c'est pas une histoire de jeune ou vieux, c'est une histoire de ressenti.
Mais bon, ça veut dire qu'on est plus autant en adéquation qu'on pensait l'être (à part si tu as trouvé très bon le nouveau Doctor Who, parce que moi je l'ai trouvé très bon).
Je ne dis pas que c'est une question de jeune ou vieux, je dis juste que je suis née l'année d'Edward Scissohands, et que donc il a fallu que je rattrape pas mal de retard, bien des années après. Donc je n'ai pas le meme ressenti que quelqu'un qui les a vus dans l'ordre, année apres année.
Quand au nouveau Doctor Who... Je ne l'ai pas encore vu. Donc on en reparlera ^^
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