vendredi 26 février 2010

Shutter Island : mon humble avis

Mercredi dernier :
"- Allo Anna, c'est Mandri. Je vais voir le dernier Scorsese en VO au capitole ce soir, tu viens ?
"- Ca parle de quoi ?
"- [Vagues explications que je n'écoutais qu'à moitié parce qu'on me parlait à côté]
"- Euh... Ouais, ben ouais, why not."

Ca faisait des mois que je n'étais pas allée au cinéma, et des mois que je n'avais pas vu Mandri. C'est donc les yeux fermés que mercredi soir, je suis allée voir
SHUTTER ISLAND
[insérer petite musique de suspense]


Alors avant toute critique, le savoir-vivre implique que je vous présente un bref résumé. Et pour ça, quoi de mieux qu'on synopsis allociné :
"En 1954, le marshal Teddy Daniels [Leonardo DiCaprio] et son coéquipier Chuck Aule [Mark Ruffalo] sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L'une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Œuvre cohérente d'une malade, ou cryptogramme ?"


Sur le papier, ce film est défini comme thriller. Mais moi qui y suis allée les yeux fermés (et je reste persuadée que c'est ainsi qu'il faudrait voir tout film pour pouvoir porter dessus un jugement objectif), j'ai passé les deux premiers tiers du film à me demander par moments si je n'avais pas devant les yeux un film fantastique (une patiente qui s'évade d'une chambre close...), ou un film d'horreur (un lieu clos, à savoir une île, sans contact avec l'extérieur à cause d'une tempête...). Disons que j'ai eu le sentiment, pendant deux tiers de film, que le genre thriller ne s'était pas correctement installé dès le départ. Parce qu'en soi, ce n'est pas un souci qu'un film ait un genre dominant, et des genres annexes ; c'est même plutôt une qualité selon moi. Mais ça implique que le genre dominant soit bien défini dès le départ.
Mais pis encore, quand, au bout de deux tiers de film, on finit par se dire "ok, c'est un thriller", et que ça bascule sur du thriller psychologique. Mais bon, là, je n'en dis pas plus, je ne voudrais pas spoiler.
Après, moi j'aime bien qu'un film me balade, qu'il arrive à m'emmener où ça le chante, je trouve que c'est toujours une grande performance scénaristique. Mais sur le point de vue générique, je trouve ça toujours un peu gênant.

Enfin je dois quand même reconnaitre ça au film : sortie de toute considération générique, il faut bien avouer que le scénario est riche en rebondissements, et qu'il vous amène dans des dédales qui ont dû être, je l'imagine, une galère sans nom à écrire. Bravo.
Après, sur la réalisation... Un petit côté too-much par moments, mais ça, je crois que c'est inhérent au genre thriller, et au style Scorsese. Et mis à part ça, niveau lumières, sons, décors, costumes (tout ce qui fait une ambiance quoi), il faut bien avouer que ça claque. Et puis les ambiances s'enchainent bien, d'une séquence à l'autre, on sait où on est, et toujours avec beaucoup de fluidité (d'ailleurs, il faudra dire au réalisateur du DaVinci Code que ce n'est pas parce que l'action de son film se déroule presqu'entièrement en une nuit que les gens n'ont pas le droit d'allumer la lumière chez eux). Bref, bravo.
To conclude, un petit mot sur le jeu d'acteurs. Et celui de DiCaprio en particulier. (Et je maintiens que c'est principalement pour ce point qu'il faut toujours voir les films en VO, sinon ça bouffe tout le jeu d'acteurs). Ben croyez le ou non, je me suis réconciliée avec ce bon vieux Leo. Parce que vous voyez, moi, je n'arrivais pas à me défaire de cette image de tombeur à mèche de Titanic (et comme en plus, je reste persuadée que Titanic est un navet...). Mais là, dans ce rôle qu'il maîtrise avec brio, il a réussi à racheter ma sympathie. Bravo.

Bref, si je devais donner une note sur 5 à Shutter Island... 3.5/5 me parait convenir. Mais bon, après, ce n'est que mon humble avis...

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