dimanche 21 février 2010

Hommage

Mon grand-père, ce héros. Pour toujours je le clamerai.

André T., patriarche magnifique d'une famille qui le croyait invincible. Comme si régulièrement, depuis des années et des années, l'ange de la mort était venu le voir, et était reparti avec un sac de pommes de terre au lieu de l'emmener, lui. « Ah non, madame la Mort ! Vous n'allez pas m'emmener alors que les tomates arrivent ! Tenez, prenez plutôt cette cagette de haricots, et repassez dans quelque temps. » Mais ce que la Mort ignorait, c'est qu'il se jouait d'elle à chaque fois. Parce qu'en vérité, c'est lui qui commandait les saisons, c'est lui qui décidait avec malice à quelle vitesse les salades avaient le droit de pousser, c'est lui qui choisissait, comme ça l'amusait, quels légumes allaient marcher cette année, et quels autres ne marcheraient pas. Mais sans méchanceté aucune. Jamais. Car son âme était pure, si pure... C'était juste sa manière à lui de retarder la Mort, pour rester le plus longtemps possible avec ceux qu'il aimait et qui l'aimait.

Le 16 février dernier, la Mort a compris qu'il l'avait bien eue. Et elle a compris aussi qu'elle aurait beaucoup plus de légumes si elle l'emmenait travailler dans son jardin à elle.
Les saisons continueront-elles de tourner ici, sans lui ?
Quoi qu'il en soit, pour ma part, je l'imaginerai à jamais en train de bêcher le jardin des dieux, sous un paisible soleil d'été ; et pour toujours, je dirai haut et fort : « Je suis fière d'être la petite-fille d'André T. »

1 commentaires:

Tibo a dit…

Très beau texte.