ou Réflexion d'une nuit passée sur une épaule confortable
C'est clair, c'est net, c'est posé, tout le monde est d'accord là-dessus : le regret, à long terme, c'est naze. Passer sa vie à regretter, à se dire qu'on aurait dû faire ceci, et qu'on n'aurait pas dû faire cela... Ca ne mène à rien, et ça détruit. Mon père m'a toujours dit : "Ma fille, avant de regretter quelque chose, remets toi toujours dans l'état d'esprit dans lequel tu étais au moment où tu l'as fait. Et tu comprendras pourquoi tu l'as fait. Et bien souvent, tu te rendras compte qu'il n'y a pas lieu de regretter, parce qu'à l'époque, tu avais tes raisons de le faire." Mon papa a raison. J'aime mon papa.
Mais ce n'est pas du regret à long terme dont je veux vous parler. Enfin vous écrire. Enfin vous taper sur mon clavier. Enfin bref.
Moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est cet instant où l'on voudrait que toute cette histoire n'ait jamais eu lieu, ce moment où l'on se dit : "si seulement il ne s'était rien passé, si seulement je n'avais pas fait ça..." Et l'instant d'après, on réalise, on suit le conseil de mon papa, et tout va mieux. Et ça reste un regret à court terme.
Et ce que je veux vous expliquer ce soir, c'est l'importance de ce regret à court terme pour guérir de ladite histoire. Parce que c'est un processus on ne peut plus humain. Et de ce fait, c'est une réaction parfaitement saine et nécessaire. Parce que tant que vous n'êtes pas passé(e) par ce stade, vous pourrez suivre le conseil de mon papa tant que vous voudrez, ce ne sera qu'illusion.
EXEMPLE ! Parce que j'ai l'impression que vous ne me suivez pas bien.
Imaginez qu'un beau jour, vous tombiez amoureux(se) de quelqu'un qui vous quitte quelques semaines plus tard. Imaginez ensuite que vous passiez un an et demi à vous dire : "Ouais, c'était une erreur, mais ça valait le coup, je regrette pas." Oui, vous passez un an et demi à oublier de regretter. Vous pensez même être guéri(e) de cette relation, parce que tout va bien, vous êtes passé(e) à autre chose, vous avez tourné la page. Jusqu'au jour où... Jusqu'au jour où la personne en question décide qu'un an et demi après, il est temps de s'expliquer sur ce qui s'est passé. Et c'est ça, l'élément déclencheur de votre instant de regret. Parce que cette conversation, vous ne voulez pas l'entendre, elle ne vous intéresse pas. Elle ne vous intéresse plus. Et c'est à ce moment là que vous regrettez : cette histoire de quelques semaines qui vous amène à vous engueuler en pleine nuit un an et demi après... Oui, pendant un instant, vous aimeriez que rien ne se soit passé.
Et l'instant d'après, c'est fini, vous revenez à la réalité : tout a eu lieu, vous le savez, et tout va bien. Et c'est à ce moment-là que vous pouvez vraiment le dire : "Je suis guéri(e)."
Je suis guérie.
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